| Témoignages |
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Photos transmises par sa fille Caroline
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Henri SAUVAGE est né le 28 décembre 1915.
Il s'engage au 1er Lanciers caserné à Spa dès 1935. En 1938, il est nommé Sous-lieutenant et est admis comme élève observateur à l'école de pilotage. En août 1940, il rejoint les Forces Belges de Grande-Bretagne. Durant le début de la Campagne de Normandie, il commande la Troop 1 de l'Escadron d'Autos-blindées. Il sera blessé à Sallenelles le 16 août 44 et évacué vers un hôpital anglais. Néanmoins, il rejoint la Brigade en Belgique et participe à la Campagne du Limbourg Belge et de Hollande. Il est nommé capitaine en mars 45.
En 1963, il repasse à la Force Aérienne et prendra sa pension en 1971 avec le grade de Colonel d'Aviation.
Il décèdera en 1973..... |
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| 21 Juillet 1943. Londres. Défilé des Humber MkI | Angleterre 1943. Humber Mk I de l'Escadron en inspection. |
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| 1945. Le Lieutenant Sauvage | 13 Mai 1945. Défilé de la Victoire à Bruxelles. Le Lieutenant Henri Sauvage sur "Sallenelles", MATADOR du 1er Régiment d'Autos-blindées. |
Journal de Campagne du Lieutenant Henri SAUVAGE, Chef de la Troop1 – Esc AB
Campagne de Normandie
Au moment de débarquer sur le continent, l’Escadron est à 100% d’effectifs. Certains équipages ont trois ans de vie en commun, soixante manœuvres, douze Battle Inoculations, un équipement ultra moderne pour l’époque… et surtout une valeur technique et un moral extraordinaire.
L’Escadron comprend :
- Une Troop Etat-Major (4 blindées, 2 scout-cars, des staff cars, des jeeps et quelques motos)
- Cinq Troops de reconnaissance (3 autos blindées DAIMLER, 2 scout-cars, 2 motos NORTON 500cc, 2 jeep Winklers à 3 hommes pour les actions spéciales)
- Deux Troops administratives avec motos et camions
Le matériel blindé est sans doute le meilleur existant à l’époque. Sa vitesse est de 90Km/Hr. Il est armé d’un canon de 47mm qui perce 80mm à 800 mètres, d’une BESA, solide mitrailleuse qui ne trahit jamais et des lance-grenades et lance-fumigènes. En outre, ces autos-blindées ont la possibilité de passer en marche arrière avec volant arrière à du 60 km/Hr. Bref, ce sont des véhicules de rêve.
En tout, il y a environ 250 hommes, 30 blindés et 60 véhicules.
Il est commandé par le Major de Selliers de Moranville avec comme adjoint, le Commandant Ch. Lancksweert.
Le 4 août 44, l’Escadron s’embarque à Tilbury et le 7 août 44 à 18hr30, les côtes françaises, Arromanches.
Le 8 août à 8hr30, transbordement du « Liberty Ship » sur les LCT (landing crafts). Une lutte de position sournoise acharnée commence entre les pelotons pour être le mieux placé… et toucher le premier la terre de France.
13hr31. Le premier véhicule roule sur le sable de Normandie. Certains se précipitent, ramassent, qui un caillou, qui, un peu de terre… Un vieux dur de la légion pleure… Ca y est … enfin ! Pour certains, cela fait 4 ans et un mois d’attente récompensée ! Ceux de la Brigade avaient depuis le 6 juin une crainte intense… celle d’être bordés dans l’ouate et de ne servir que de paradeurs pour la rentrée à Bruxelles. Les promesses officielles ne changeaient rien. Tous voulaient atteindre la Belgique, mais TOUS voulaient le mériter… avec les risques inhérents.
Le 11 août, la Brigade est mise aux ordres de la 6ème Division Aéroportée. Elle prend secteur sur le canal de Caen, entre la côte et Sallenelles. A sa droite, une Brigade de Commandos.
L’Escadron est cantonné en arrière, prêt à foncer au cas où l’ennemi décrocherait.
Village choisi : l’Ecarde. Excellent fond marécageux, propice à l’élevage intensif du moustique musical et piquant. Les premières nuits sont terribles. Maints visages boursoufflés sont méconnaissables au petit déjeuner. Mais le belge qui sort du tombeau, y rentre précipitamment : tranchées, vieille caisse : filet de camouflage. Le tout hermétique ou à peu près et humecté de citronnelle. L’Escadron a sauvé la face au sens propre ; hélas la nuit suivante un orage torrentiel inonde les troglodytes.
13 août. La fièvre est dans l’air… Il parait que la grande offensive est pour bientôt. Une opération limitée à objectifs restreints est préparée et répétée : - percer la croûte défensive ennemie, renforcée depuis deux mois de guerre statique. Nos winklers sont rassemblés sous les ordres de Flori, le sous Lieutenant Floridor (notre star de Sandhurst), et va occuper la ferme du Buisson. Un endroit infecte, un abcès dans le périmètre ennemi entouré de cadavres de bovidés, des moustiques et des vis-à-vis aussi hargneux le jour que la nuit. Pour s’y rendre, concerto de snipers accompagnés de mortiers. Il faut courir vite… ou savoir ramper à la sioux à dos plat.
16 août. L’opération PADDLE est pour demain à 07.30, derniers préparatifs fièvreux, le moment de vérité approche : pour ceux de 1940, c’est le grand retour avec ses peurs, ses angoisses et son fol espoir. Pour les bleus, l’inconnu, la vérité, entrevus au cours des Battle courses ou lus dans maints récits.
L’aumônier annonce un service religieux. Tous y sont présents. Protestants, athées, francs-maçons, catholiques et mahométans. Ses paroles résonnent encore « mes amis, quelque soit votre croyance, laissez-moi être votre interprète entre vos pensées et celui ou celle à qui vous les adressez, entre votre conscience et votre espoir, entre Vous et votre Foi ». Ce sont trente minutes d’une intense élévation morale d’une pure communion d’êtres humains si dissemblables mais unis par le ciment du don de leur vie.
Quand on a vécu de tels instants, comme les petitesses de la vie de temps de paix peuvent paraitre odieuses. L’après-midi, l’Aumônier Kremer est blessé en évacuant des civils de Sallenelles.
Au soir, veillée d’armes, derniers ordres. Qui aura l’honneur d’ouvrir la marche ? La compétition est acharnée. Le Major de Selliers, aussi diplomate que baroudeur, accorde aux pelotons commandés par les plus anciens dans l’Escadron le droit de partir en tête. Les axes sont tirés au sort.
Le 3ème Peloton (Lt Verhaeghe de Nayer) progressera sur l’axe Sallenelles-Franceville-Plage.
Le 1er Peloton (Lt Sauvage) à sa droite sur l’axe Hauger-Merville-carrefour 1680.
Les autres Troops en réserve, prêtes à exploiter.
Les winklers sortent de l’enfer du Buisson et rejoignent leurs troops.
La nuit est belle, étoilée. L’activité est intense. Le bruit incessant. Une nuit de zébrures, de traçantes d’éclats de magnésium « un 21 juillet dans le ciel » mais un enfer sur terre. La Royal Navy gronde. L’aviation strie le noir. Comment dormir ?... Vite que demain soit aujourd’hui…
17 août. 2hr du matin, le Lt Dewandre, chef du 2ème Pl est réveillé. Sa troop doit d’urgence relever un peloton de la 2ème Compagnie envoyée en patrouille de combat… 5 hr,… 6 hr… Vains essais de dormir.
6 heures : debout, les cuistots attitrés ont préparé un breakfast du tonnerre. On ne sait pas quand aura lieu le prochain repas. On ne part pas vers l’inconnu le ventre vide. Certains ont peur, mais tous ont l’appétit.
7hr15. Dernier « O Group ». Tous assistent. Les deux chançards reçoivent des tonnes de « Cambronne » les derniers tuyaux….
Chacun est à son poste.
7hr20. Voici « Le Lion » (Col Piron) et Poncelet.
« Alors les blindés, on est prêts ? » - Charles-Emile d’Oultremont, le châtelain du 5ème, lui répond magnifique : « Question superflue, Sir ». Piron, désarmé, rit (tous rient).
7hr25. Le Lt Lefebvre, un des premiers en Grande-Bretagne en 1940 accompagne sa section du génie attachée au 1er peloton. Histoire de prendre l’air et d’étudier les mines de près.
7hr30. Heure H. “PADDLE NOW”.
Les premiers mètres d’une chevauchée de 500 kilomètres.
Le 1er Pl opère dans le secteur de la 2ème compagnie. Celle-ci progresse lentement dans ce terrible labyrinthe qu’est le bocage normand. Et nos pauvres autos-blindées doivent jouer un rôle de chars. Chenillés elles qui sont à roues et tenues aux chemins.
On voit à 50 ou 100 mètres devant soi. Sur les côtés, 5 à 6 mètres et partout des haies. Deux, trois mètres de haut, épaisses comme des murailles. L’artillerie tonne… 200 mètres en 30 minutes. Premières obstructions. Des entonnoirs énormes arrêtent le peloton. L’infanterie et winklers poussent à pied comme dans la jungle. Le génie, extraordinaire, comble les trous, juste ce qu’il faut pour que le peloton passe, sans un mot, avec une efficacité admirable.
Encore 300 mètres, ça travaille de partout et les blindés ayant rattrapé les fantassins commencent un tir efficace à priori, au ras des haies, dans les arbres. Mieux vaut une mitrailleuse usée qu’un soldat tué…. Il faut terrer l’ennemi à l’affut, éviter l’embuscade, le tir de panzerfaust, à 50 mètres qui ne pardonne pas.
Encore 100 mètres Le peloton n’est plus loin de la fameuse ferme du Buisson à sa droite. Voici les premières civières, les premiers blessés de la 2ème compagnie que l’on croise. Les blindés roulent dans une herbe haute de 40 à 50 cm. La verdure a eu le temps de recouvrir mines et pièges ! L’ennemi arrose… surtout du mortier moyen.
10 Hr. On a progressé de 800 mètres, l’infanterie signale un champ de mines possible. Les snipers ennemis nous gâtent. Impossible de démonter et de tâter le sol il faut risquer. Rouzée, seul dans son scout-car va servir de cobaye. On ne risque qu’un homme au lieu de deux. S’il passe, les autres véhicules utiliseront ses traces, sinon…
« Bliksem » s’avance. A du 1 mètre par 10 secondes. Rouzée saute, derrière lui le peloton. Angoissé. 20 mètres à franchir, on prépare les bombes anti-incendiaires, les fumigènes. Le poste appelle… Equeter n’y tient plus. Et court sous les balles rejoindre son scout-car et son chauffeur. Un bond en voltige. « Voilà deux ans qu’on vit à deux, c’est pas le moment de se quitter ». Cinq minutes… cinq minutes trente… « Bliksem » est passé, une mine explose, sur le côté. Le chef des winklers, Ernst, un vieux baroudeur de la Légion, sous la protection de fumigènes va jalonner. Et tous les blindées passent une à une. Cela prend une demi-heure. Le génie, plus tard, enlèvera 20 mines à cet endroit.
10hr40. Sallenelles est pris par le 3ème ! Enthousiasme au 1er et message de congratulations. Mais le plus dur est d’en déboucher…
La progression reprend : le drill de tir dit « de la cage » à priori bien que peu orthodoxe produit ses effets. Nos winklers découvrent des allemands tués ou blessés, littéralement hachés par nos tirs. Un sniper en veut à la tourelle de « Boute en Train », l’auto-blindée du chef de peloton. Le tir vient de haut. Inspection au périscope : à 150 mètres, deux gros arbres en boule. Ca ne peut venir que de là. Erculisse, le tireur de Boute en Train veut étrenner le canon. Pas de détail. 2 coups de H.E. (obus explosif) dans chaque arbre… Finis les snipers. On découvrira une demi-heure plus tard, trois cadavres sur une plate-forme installée dans l’arbre de droite….
Dans le vacarme des tirs d’armes automatiques et des mortiers, il semble qu’on entende des cris… Là, en avant à gauche, derrière une haie, un drapeau blanc surgit, puis deux. C’est peut-être un piège. Le tir est suspendu. Fusée verte est envoyée vers l’endroit. 4 hommes se lèvent et avancent. Deux Westphaliens et deux Polonais. Ils forment avec 6 autres le restant d’une grosse section qui doit interdire l’axe. Un des polonais parle le français. Rapidement, à l’abri des blindées, il explique l’emplacement des armes… deux portiers de 81mm, des mitrailleuses… L’officier est parti avec le reste du peloton, laissant un bouchon sous les ordres d’un sous-officier, celui-ci a été tué. D’autres polonais sont prêts à se rendre. On renvoie un polonais accompagné de Danneau qui ramène une demi-heure plus tard les deux mortiers et d’autres armes et les six hommes dont trois polonais (ceux-ci, moins de 6 jours plus tard, combattront à nouveau mais sous l’uniforme du corps polonais formé en Grande-Bretagne). On démine et on progresse à nouveau de 400 mètres. Le 3 est toujours bloqué à 300 mètres nord de Sallenelles par la position du Moulin du Buisson, un ensemble fortifié renforcé de casemates. Nouveau bouchon ennemi. Un soldat du génie est tué en déminant. Une mine explose… Attention. On poste les autos-blindées. Tir intense de neutralisation. La section du génie arrive sous les ordres de l’Adjudant Harboort. Elle commence le déminage. Ils sont protégés par des fumigènes car le champ de mines s’étend à gauche et à droite et arrête aussi l’infanterie.
14 heures. Toujours bloqué. Une douzaine de mines sont neutralisées, mélange d’antichars et d’anti-personnelles. Certaines sont piégées. Le chef de peloton s’impatiente. Et descend de la blindée pour aller voir sur place. Son canonnier, de force, lui fourre le casque. Cromwell sur la tête. L’officier réagit. « Depuis quand un béret noir se bat-il en casque ? ». Le fidèle Erculisse lui enfonce à nouveau le casque sur le béret. « faites pas le c… mon lieutenant, faut pas déc.., aujourd’hui, c’est pas le jour ». Grommelant, l’officier laisse le Cromwell sur le crâne et se dirige vers les démineurs. « Que se passe-t-il, adjudant ? » « Ces salauds ont mis des mines doubles l’une sous l’autre reliées par un fil très mince… Regardez ». On se penche, on inspecte, le fil est coupé, le lieutenant se retourne ! Il se retrouve quelques secondes plus tard, toujours en vie mais à 20 mètres de là et le nez devant les 3 pointes d’une mine anti-personnelle, à plat dans l’herbe. Il éprouve la bizarre sensation d’avoir ses bras, ses jambes, mais plus de corps…
Pour une raison inconnue, les mines ont explosé, tuant un soldat démineur, blessant gravement l’adjudant qui mourra 48 heures plus tard, et le chef de peloton du 1 dont le dos et les bras sont truffés d’éclats. Il a été sauvé par le casque dans lequel s’est fiché un gros éclat….
Le lieutenant a atterri dans le champ de mines. Pour l’en retirer, on lui lance une corde à laquelle il s’accroche et, en rampant, il parvient à regagner les bérets noirs. Pendant quelques temps, il essayera encore de commander le peloton mais devra être évacué et remplacé par son adjoint, le 1er chef Noël, puis par le SLt Floridor.
16 heures. La position est enfin forcée, mais il est trop tard pour continuer la progression. Le commandant de l’Escadron donne l’ordre au 1e d’arrêter et de s’installer défensivement.
Pendant ce temps, le 3ème peloton, sur l’axe principal, se heurte lui aussi toujours aux mines et obstructions. A 15 heures la marche peut enfin être reprise. Elle va devoir affronter la position du Moulin qui barre la route, et son sinistre blockhaus avec son canon antichar qu’on n’a pas réussi jusqu’à présent à démolir. L’avance est pénible et coûteuse, un chauffeur de blindé est blessé par des éclats d’artillerie et doit être remplacé sous le feu. Heureusement, le canon antitank est muet. Qu’attend-il pour tirer ? Le comandant d’Escadron décide de faire agir ses réserves et ses winklers regroupés (2-4-5). Une base de feu est établie par le 2ème peloton en bordure d’un verger. L’artillerie e les blindés ouvrent un barrage efficace, et nos sections d’assaut enlevé par le SLt Floridor partent à l’attaque de la position par une manœuvre de flanc. Un officier britannique présent s’exclama : « Ils font ça come un drill devant un général… Magnifique ! ».
16.30 Hr. La position est conquise. Le génie peut déminer la route. Il travaillera jusqu’au 18 à l’aube : le butin est importance et les prisonniers nombreux.
Le 5ème peloton (SLt d’Oultremont) appuie le 3ème peloton et renforce l’occupation du terrain.
Le 4ème peloton (SLt Pelsmaeckers) a reçu vers midi une mission spéciale, ouvrir et couvrir la marche du 12ème bataillon Devonshire et l’axe vers Bréville. Le pays est plus ouvert et moins miné. Le 4ème peloton travaille brillamment et atteint son objectif final à 19 heures, située à 1 km de Franceville.
19hr40, le peloton verrouille les lisières Est de la ville et fait des prisonniers. Leur interrogatoire permet d’apprendre que la ville est truffée de bobbytraps (pièges) et de mines. Il est décidé en haut lieu de ne pas risquer inutilement de vies humaines.
Le 18 août, la ville sera occupée et de jour. Une ville presque déserte dont l’ennemi avait expulsé les habitants pour mieux pouvoir la défendre. Mais le mouvement de débordement le force à évacuer la position sous menace d’encerclement.
Ainsi se termine cette fameuse journée du 17 août.
CONCLUSIONS :
L’escadron dans une mission à laquelle il était peu apte du point de vue tout terrain a néanmoins exécuté brillamment le boulot. La coopération avec les fantassins, l’appui de l’artillerie efficace et souple, le travail fantastique du Génie (qui a essuyé de lourdes pertes), la liaison radio, tout cela a démontré la solidité, la maturité et la valeur tactique de la Brigade. Une unité de combat, de choc et non de parade.
Les semaines qui suivent prouveront que dans la fantastique course vers le nord, notre escadron est bien l’escadron de démonstration « in Peace and War » comme le baptise le commandant de la 49ème Division d’Infanterie (les Polars Bears du Général BARKER).
Quant au fameux canon dans l’abri du Moulin, un providentiel éclat d’obus en avait coincé la crémaillère de direction durant nos tirs de neutralisation, heureusement !!!
Henri Sauvage, 1969
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