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C’est en
juillet 1942 qu’est officiellement reconnu le « BELGIAN INDEPENDENT
PARACHUTE COMPANY », suite à une réorganisation des Forces de Terre. La
Compagnie est commandée par le Commandant J. THISE.
Le 11
juillet, le Cdt THISE se blesse gravement lors d’un saut en parachute. Le
commandement est assuré par son adjoint, le Capitaine E. BLONDEEL. Il donne
à ses hommes un entraînement efficace. L’Unité est stationnée à 15 km de
Leamington-Spa.
Petit
à petit, la compagnie s’organise et s’équipe.
-
Le 1er Peloton du Lt F. LIMBOSCH rassemble les « Canadiens »
(Belges venus du continent américain lors de l’appel du gouvernement belge
de Londres)
-
Le 2ème Peloton du Lt R. VAN DER HEYDEN regroupe les anciens de la
Légion Etrangère et les évadés de Belgique
-
Le 3ème Peloton du Lt E. DEBEFVE est constitué des derniers
arrivés de Belgique
-
Le Peloton « Mortiers », commandé par le Lt G. KIRSCHEN est
constitué des volontaires issus du 1er Bataillon des Forces Belges de
Grande-Bretagne (futur 1st Belgian Group)
En août
1943, l’unité au complet part pour SALISBURY en stage à la 6ème Division
Aéroportée. Commence alors un entraînement intensif : techniques de la
guerilla, du sabotage, connaissance de la langue allemande, tirs, combats de
rue, opérations de nuit, …
Le 4 février 1944, l’Unité est affectée à la « Spécial Air Service Brigade »
(Brigade SAS) commandée par le Général Mc LEOD. La brigade est composée de :
2
bataillons français, 2 régiments anglais et 1 escadron belge.
L’Escadron
belge comprend :
- 1
Troop état-major
- Troop
A : composée des 2ème et 3ème pelotons de l’ex-« compagnie » (Lt VAN DER
HEYDEN, DEBEFVE, GHYS)
- Troop
B : composée du 1er peloton et peloton Mortiers de l’ex-« compagnie » (Lt
LIMBOSCH,RENKIN,KIRSCHEN)
Les
Commandants DELELIENNE et CASSART sont affectés à l’état-major de la Brigade
comme officiers de liaison.
L’Unité
s’installe au camp de Loudoun Castle en Ecosse. La formation continue :
techniques de travail en équipes isolées et réduites, codage et décodage,
identification du matériel allemand, survie, formation de spécialistes
radio, …
Le 15 mai
1944, l’Escadron adopte sa structure définitive. Les « Squads » s’entraînent
de plus en plus à travailler indépendamment les uns des autres, et surtout
de nuit.
Le 6 juin
1944, alors que les Alliés débarquent sur les côtes normandes, les Belges
sont une fois de plus en manoeuvres. Mais le Général Mc LEOD leur promet
qu’ils auront bientôt l’occasion de se battre.
L’Escadron
Parachutiste SAS Belge dispose de 24 équipes opérationnelles. Il s’installe
dans le camp de transit de Fairford..
Le 27
Juillet, il est enfin engagé.
1. Les
SAS dans la Bataille de France
Les 3
premières missions baptisées « CHAUCER », « SHAKESPAERE » et « BUNYAN »
effectuées en Normandie ont pour objectif d’obtenir dans un premier temps,
des renseignements sur les convois allemands circulant sur les 3 axes
routiers Paris-Normandie, Paris-Le Mans et Orléans-Bretagne. Dans un second
temps, de harceler l’ennemi par des attaques contre ses troupes, ses
transports et ses dépôts afin de précipiter sa retraite.
a.
Opération « CHAUCER » (28 Jul – 15 Aou 44)
5 hommes
vont être les premiers soldats belges des Forces de Terre à être engagés
dans la Bataille de France.
Le 28
juillet à 01.00 Hr, le Lt GHYS et son équipe (W. KLEIN, M. DEMERY, D. DEMOOR
et A. PETIT) sont parachutés avec 24 containers au nord de LA
CHARTRE-SUR-LE-LOIR.
Ils
sont accueillis par un groupe de résistants. 12 jours plus tard, le 9 août,
ils sont rejoints par 15 autres SAS commandés par le Lt VAN DER HEYDEN dans
la région de NOGENT-LE-ROTROU. Des containers sont largués renfermant le
matériel et les munitions du « Squad », ainsi que des armes et des munitions
pour la Résistance.
Parmi les
informations transmises à Londres, de nombreuses colonnes et mouvements de
troupe sont identifiés et signalés. Entre autre, la position d’une division
allemande dissimulée dans la forêt de VIBRAYE. Le lendemain, une escadrille
de bombardiers anglais pilonne l’endroit indiqué par radio. Leur mission
consiste également en du harcèlement. Ils coupent la retraite des Allemands
au nord de NOGENT-LE-ROTROU, ce qui permettra à l’armée américaine de
rentrer dans la ville sans combats le 14 août 44.
L’Opération
« CHAUCER » se termine le 15 août.
b.
Opération « SHAKESPEARE » (31 Jul – 16 Aou 44)
Le 31
juillet, le Lt DEBEFVE et 5 SAS sont parachutés au sud de LA
CHARTRE-SUR-LE-LOIR. Ils sont rejoints le 9 août par un groupe de 15 SAS
commandé par le Lt LIMBOSCH.
Le groupe
de harcèlement se rend le 10 août à LA CHARTRE, les Allemands ayant déjà
quitté la ville, le groupe est ovationné par la population qui les prend
pour des libérateurs. Les Squads du Lt LIMBOSCH poussent jusqu’à COGNIERS où
ils sont aussi chaleureusement accueillis.
Dans la
nuit, ils ont un engagement sur la route du Mans. Le Sdt ROGIEST est blessé,
3 Allemands abattus.
Dans la
même nuit, le Lt DEBEFVE prépare une embuscade à la sortie du village de LA
FLECHE. Une trentaine d’Allemands sont tués. Le premier SAS Belge, le Sdt R.
CARETTE y perd la vie.
L’Opération « SHAKESPEARE » se termine le 16 août.
c.
Opération « BUNYAN » (3 Aou – 18 Aou 44)
Le 3 août,
le Lt G. KIRSCHEN et 5 SAS sont parachutés à 00.30 Hr dans les alentours de
NOGENT-LE-ROTROU.
Le 9 août,
ils sont rejoints par 15 autres SAS sous le commandement du Sgt J. DEOM.
Leur mission consiste en un harcèlement intensif. Ils opèrent dans la région
de LONGNY.
Au cours de
leurs contacts avec le maquis, un chef signale au Lt KIRSCHEN que les
Allemands se préparent à évacuer un important dépôt de munitions. Ce dernier
décide de l’attaquer. L’opération menée aboutit à un énorme feu d’artifice.
Le 15 août,
une colonne américaine fait son entrée à LONGNY. Le Lt KIRSCHEN donne au
commandant des GI’s les renseignements utiles sur l’ennemi ainsi que
l’emplacement d’un dépôt de carburant.
Le 18
août, l’équipe rejoint l’Angleterre via le port artificiel d’Arromanches.
Si les SAS
Belges ne rencontrent pas trop de difficultés lors des opérations en France,
c’est entre autres parce qu’ils parlent le français. Les troupes
britanniques échouent dans certaines de leurs missions parce qu’elles
éprouvent des difficultés à établir les contacts indispensables avec les
réseaux de la Résistance.
C’est la
raison pour laquelle l’état-major de la Brigade SAS décide d’attacher des
éléments francophones aux équipes britanniques. R. HOLVOET et J. TEMMERMAN
sont engagés dans une équipe du 1er Régiment SAS.
d.
Opération « HAGGARD » (11 Aou – 15 Sep 44)
Dans la
nuit du 10 au 11 août, 6 hommes de l’ « Advance Party » du 1er SAS
britannique sont largués dans la forêt d’IVOY près de BOURGES. Parmi eux,
les deux SAS belges. Le reste de l’Escadron, commandé par le Major LEPINE
est parachuté le 15 août. Les deux Belges, en plus de leur travail de
télégraphistes servent d’interprètes.
L’Opération
se termine le 15 septembre, après la libération de BOURGES.
Au mois
d’août 44, battue sur les plages de Normandie, harcelée par l’aviation, les
éléments avancés et la Résistance, l’armée allemande se retire vers le nord.
Devant
cette situation, l’état-major de la Brigade SAS reçoit l’ordre de parachuter
des Squads au nord et à l’est de la poche de Falaise, afin de repérer et
détruire les dépôts de carburant et de découvrir les endroits de passage des
troupes allemandes en repli.
e.
Opération « TRUEFORM » (16 Aou – 28 Aou 44)
L’opération TRUEFORM regroupe des équipes SAS britanniques et belges. Cette
opération est planifiée à la hâte et empêche l’état-major de prévoir des « dropping
zone » sûres.
Les SAS
français refusent la mission pour cette raison. Les belges acceptent de
prendre le risque.
Dans la
nuit du 16 au 17 août, 2 « squads » de 5 hommes, commandés par le Lt
HEILPORN et le Sgt VERSCHUERE atterissent au nord-est de
Saint-André-de-l’Eure. Avec la résistance, ils procèdent à plusieurs
embuscades au nord de BRETAGNOLES.
Le
lendemain, 4 groupes de SAS belges les rejoignent, commandés par le Cdt
DELELIENNE (Party G), le Capt DULAIT (Party M) et les Sgt DE VULDER (Party
3) et PUS (Party 4).
Le Party G
(11 hommes) est largué près de SACQUENVILLE. Certains tombent à proximité
d’un cantonnement occupé par des SS. Le Cdt DELELIENNE atterit par malchance
sur une patrouille ennemie et est fait prisonnier.
Le Party G
(16 hommes) est également parachuté dans de mauvaises conditions au nord de
Saint André de l’Eure. Les hommes parviennent malgré tout à se regrouper et
organisent des embuscades dont une, le 20 août, fait plus de 50 morts chez
l’ennemi.
L’opération TRUEFORM se termine le 28. Les 80 SAS engagés dans cette
opération ont grandement contribué à semer le désarroi.
A peine
rentrés en Angleterre, qu’une nouvelle mission les attend.
f.
Opération BENSON (28 Aou – 14 Sep 44)
Le 28
août, le Lt KIRSCHEN et les SAS R. PIETQUIN, J. MOYSE, H. FLIPS et A.
BOUILLON sautent près de Saint-Just entre la Somme et la Seine. Il s’agit
d’établir une surveillance sur les routes reliant Paris au nord de la
France, Paris à la région de REIMS et d’identifier les convois ennemis. Ils
doivent également repérer et localiser les batteries anti aériennes
ennemies.
La région
est fortement occupée par l’ennemi. Avec l’aide de la Résistance, le Squad
trouve un abri dans une grange où il s’installe pour la nuit . Un médecin de
la Résistance leur remet une carte qu’il venait de dérober à un officier
allemand. Ce document reprenant le relevé des divisions allemandes sur la
Somme. Des allemands venus s’installer à proximité de la grange découvrent
les parachutistes. Un combat est alors engagé et les SAS parviennent à se
dégager et à transmettre par radio les précieuses informations recueillies,
ce qui vaudra au Lt KIRSCHEN sa première DSO (Distinction honorifique
britannique).
Le 14
septembre, rejoint par les troupes alliées, la mission du squad s’achève.
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